Casting voix off : comment se lancer et trouver sa place dans un métier exigeant ? Les conseils de Florence, comédienne voix off et membre Casting.fr
Casting voix off : comment se lancer et trouver sa place dans un métier exigeant ? Les conseils de Florence, comédienne voix off et membre Casting.fr
Comédienne voix-off basée à Lyon, Florence, alias Flo Rilège Voix Off, enchaîne pubs, films de marque et projets narratifs. Elle nous raconte son déclic, son quotidien derrière le micro et livre ses conseils concrets pour se lancer dans la voix off aujourd’hui.
Peux-tu te présenter ?
F.G : Je suis Florence, comédienne voix-off, et je travaille sous le nom de Flo Rilège Voix Off, basée à Lyon. Je travaille en home studio professionnel et en sessions dirigées, à Lyon comme à Paris, avec des studios et des productions en direct ou à distance.
Ma voix est plutôt médium grave, avec une vraie couleur narrative. On fait appel à moi quand il faut porter un texte, installer une présence, raconter. J’interviens principalement en publicité (TV, radio), mais aussi sur des films de marque, du corporate et de l’institutionnel.
J’ai notamment prêté ma voix à des campagnes TV nationale pour Porsche & Smeg ou encore BetterHelp. Et j’ai une vraie affinité avec le documentaire, notamment avec un projet diffusé sur Novo19 sur les druides où la voix prend toute sa place.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir comédienne voix-off ?
F.G : J’ai toujours eu un parcours artistique : théâtre, chant, photographie, dessin… Mais la voix a toujours été le fil conducteur. Il y a 6 ans, j’ai suivi une formation voix-off à Lyon, presque par curiosité. Et là, ça a été très clair. Pas un doute : c’était ça.
Avec le recul, j’ai surtout l’impression d’avoir remis la main sur quelque chose qui était déjà là. C’est un métier où on est seule face à un micro… mais où on peut toucher énormément de monde. Et ça, ça me fascine toujours.
Tu as investi rapidement dans un home studio ? Selon toi, était-ce indispensable ?
F.G : Pas immédiatement. J’ai d’abord pris le temps de me former et de comprendre le métier. J’ai commencé avec l’essentiel : un bon micro et une pièce traitée acoustiquement. Mais dès que j’ai commencé à travailler en conditions réelles, notamment en sessions dirigées, les limites sont apparues. Le son doit être irréprochable et constant.
Aujourd’hui, le niveau d’exigence est tel que le son ne doit jamais être une question. J’ai donc investi progressivement, avec mes premiers revenus, jusqu’à m’équiper d’une cabine professionnelle. Aujourd’hui, mon studio me permet de répondre rapidement aux demandes, avec un son directement exploitable par les équipes.
Comment se déroulent les castings dans ton métier ?
F.G : Il y a deux circuits. Les plateformes de casting permettent de démarrer, de se confronter au marché. Mais il faut rester lucide : la concurrence est forte et les budgets parfois tirés vers le bas. Ensuite, il y a le travail en direct avec les clients et les productions. On reçoit un brief, on enregistre, on propose une interprétation… et on est choisi, ou pas. Le vrai défi, c’est d’être juste immédiatement, souvent sans direction.
Une anecdote de casting ou d’enregistrement à nous partager ?
F.G : Lors d’un enregistrement à distance pour une campagne Porsche & Smeg, toute l’équipe était connectée depuis plusieurs pays. Au départ, la vidéo était prévue uniquement pour le web. En découvrant les images en session, j’ai spontanément dit : “On dirait une pub télé.” On en a tous souri… Et quelques jours plus tard, on m’a recontactée pour étendre les droits à une diffusion télé pendant les fêtes de fin d’année. Comme quoi, parfois, l’intuition en studio n’est pas si mauvaise.
Comment trouves-tu tes clients ? On t’appelle ou tu viens à eux ? Ton site est-il ta vitrine ?
F.G : Les deux. Au début, il faut aller vers les clients : démarchage, envoi de démos, prise de contact. C’est une étape incontournable. Avec le temps, les choses évoluent et les demandes entrantes deviennent plus régulières.
J’ai créé mon site internet très tôt, que j’ai pensé comme une véritable vitrine et que j’ai travaillé moi-même, notamment sur le référencement. Aujourd’hui, il joue un rôle clé dans ma visibilité. Mais le relationnel reste essentiel, et il faut continuer à être active.
Qu’est-ce qui est le plus dur dans ce métier ?
F.G : L’irrégularité. Il y a des périodes très calmes, où il faut continuer à avancer sans retour immédiat, et d’autres où tout arrive en même temps. Il faut apprendre à gérer ces cycles sans perdre en exigence. Ceux qui durent sont ceux qui restent constants.
Et ce que tu préfères le plus ?
F.G : L’interprétation. Donner vie à un texte, créer une intention, faire passer une émotion sans image. Et puis il y a ce moment où on découvre le projet final, avec la musique, l’image… C’est là que tout prend sens.
Ton meilleur conseil pour un membre de Casting.fr qui veut se lancer ?
F.G : Ne pas se raconter d’histoire. Oui, c’est un métier passionnant, mais ça demande du travail, du temps, et de la régularité. Le talent compte, bien sûr. Mais c’est le travail et la constance qui permettent de le révéler et de durer dans ce métier. Et à un moment donné, arrêter d’attendre d’être “prêt”… et y aller.