À la rencontre de La Delio Valdez, l’un des orchestres les plus emblématiques de la cumbia contemporaine
À la rencontre de La Delio Valdez, l’un des orchestres les plus emblématiques de la cumbia contemporaine
Depuis plus de 17 ans, La Delio Valdez fait vibrer les scènes du monde entier avec une cumbia contemporaine festive, métissée et profondément collective. À l’occasion de son retour au Cabaret Sauvage à Paris, l’orchestre argentin revient sur son histoire, sa manière de créer à quinze musiciens, son amour de la scène et sa vision d’une musique capable de rassembler les cultures. Rencontre avec l’un des groupes les plus emblématiques de la scène latino-américaine actuelle.
1. Comment définiriez-vous La Delio Valdez pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas ?
LDV : La Orquesta de La Delio Valdez est un groupe, un orchestre comme son nom l’indique, basé à Buenos Aires, en Argentine. Nous jouons ensemble depuis 17 ans et nous faisons principalement de la cumbia.
Dans nos concerts, nous mélangeons aussi d’autres genres musicaux comme la salsa, le reggae, les rythmes andins et un peu de rock. Notre musique est un mélange de nombreuses influences, mais la cumbia reste au cœur de notre identité.
2. Comment vous êtes-vous rencontrés et comment cet orchestre est-il né ?
LDV : Certains d’entre nous se connaissaient depuis l’école, tandis que d’autres nous ont rejoints au fil des années. Il y a un noyau de musiciens qui joue ensemble depuis presque 17 ans.
Tout a commencé lorsque Santiago, notre clarinettiste, nous a fait découvrir des enregistrements de Lucho Bermúdez, un clarinettiste colombien. C’est ainsi que nous avons commencé à explorer la musique tropicale colombienne et à l’interpréter, même si ce n’était pas facile au début. Peu à peu, nous avons trouvé notre propre son et commencé à composer nos propres morceaux. C’est de là que tout est parti, mais aujourd’hui La Delio possède une identité beaucoup plus affirmée et profondément personnelle.
3. La cumbia est aujourd’hui en pleine évolution et se mélange à de nombreux styles. Qu’est-ce qui vous plaît dans cette fusion avec le rock, le reggae ou d’autres sonorités ?
LDV : Ce que nous aimons le plus dans cette fusion, c’est qu’elle nous donne davantage d’outils pour exprimer ce que raconte une chanson ou un moment du spectacle. Elle nous permet aussi d’inviter d’autres artistes et de créer des collaborations.
La Delio a cette capacité à se mêler naturellement à différents rythmes. En Argentine, cela peut être le chamamé, le cuarteto ou les musiques du nord du pays, mais aussi la salsa, le rock ou le reggae. Cette ouverture nous permet de rencontrer d’autres musiciens et de créer ensemble de très belles choses.
4. Comment sentez-vous que cette musique est reçue en Europe par rapport à l’Amérique latine ?
LDV : L’accueil est très différent entre l’Europe et l’Amérique latine. En Amérique latine, la cumbia fait partie de la culture populaire : tout le monde grandit avec ce rythme, qui est très naturel à danser.
En Europe aussi, les gens aiment beaucoup la cumbia : ils dansent, ils s’amusent, même si leur manière de ressentir le rythme est différente. Ce qui est beau, c’est que la cumbia rassemble tout le monde et que chacun la danse à sa façon.
Je me souviens d’un concert à Nuremberg, en Allemagne, devant deux mille personnes, où nous partagions la scène avec des groupes de styles très différents. Lorsque nous sommes arrivés avec notre cumbia, l’accueil a été incroyable. Nous espérons retrouver cette même énergie pendant cette tournée en France et en Europe.
5. Dans un groupe aussi nombreux, comment naît une chanson ?
LDV : Les chansons naissent toujours parce que quelqu’un apporte une idée, qui prend ensuite forme collectivement pendant les répétitions. Cela peut être un couplet, un refrain ou une chanson déjà bien avancée, mais c’est toujours le travail de tout l’orchestre qui lui donne sa forme définitive.
Ce qui est formidable quand on est autant de musiciens, c’est que chacun apporte sa propre sensibilité. Ensuite, toutes ces idées passent à travers le son de La Delio. C’est pourquoi chaque morceau peut être très différent, tout en restant immédiatement identifiable comme une chanson de La Delio Valdez.
6. Qu’est-ce que vous préférez : le studio, les répétitions ou la scène ?
LDV : Ce que je préfère avant tout, c’est voyager grâce à la musique. C’est un immense privilège de pouvoir vivre d’un métier qu’on aime et qui nous permet de découvrir de nouveaux endroits et de nouvelles personnes.
Nous revenons tout juste d’une tournée en Amérique latine, au Chili, au Pérou et en Colombie. Chaque pays a quelque chose d’unique. Découvrir de nouvelles musiques, goûter des spécialités, échanger avec les habitants et comprendre leur rapport à la musique rend cette expérience incroyable. Le studio et les répétitions sont aussi très importants, mais emmener nos chansons aux quatre coins du monde est ce qu’il y a de plus gratifiant.
7. Quel est le moment le plus fou ou le plus inattendu que vous ayez vécu pendant un concert ?
LDV : Je me souviens d’un concert à Buenos Aires où quelqu’un a demandé son ou sa partenaire en mariage sur scène. Heureusement, la réponse a été oui, et les dix mille personnes présentes dans le stade ont célébré ce moment avec eux. C’était une très belle surprise et l’un des souvenirs les plus inattendus que nous gardons de nos concerts.
8. Vos concerts sont réputés pour leur énergie et leur dimension théâtrale. Si vous deviez les décrire en un seul mot, lequel choisiriez-vous ?
LDV : Nos spectacles ont une véritable dimension théâtrale parce que nous accordons beaucoup d’importance à toute la mise en scène : les costumes, les décors, les lumières, la danse, les déplacements, le scénario, la relation avec le public et, bien sûr, la musique.
Notre plus grand souhait est que chaque concert soit inoubliable, que les personnes qui viennent nous voir repartent avec le souvenir d’une soirée qu’elles n’oublieront jamais.
9. Vous allez jouer au Cabaret Sauvage à Paris, une salle emblématique. Qu’attendez-vous de ce concert ?
LDV : Nous avons déjà joué au Cabaret Sauvage et nous sommes tombés amoureux de cette salle dès la première fois. C’est un lieu incroyable, avec une atmosphère très particulière, presque circassienne. Nous adorons son acoustique et son esthétique.
Nous sommes convaincus que ce sera encore une soirée exceptionnelle. En plus de présenter notre dernier album, El Desvelo, nous jouerons aussi tous les grands classiques de La Delio. Nous y retrouverons des amis et des membres de notre famille qui vivent en Europe, donc nous sommes certains que ce sera une soirée très spéciale.
10. Pour conclure, quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite se lancer dans la musique aujourd’hui ?
LDV : Je lui dirais d’écouter avant tout ce que lui dicte son cœur. Aujourd’hui, on a parfois l’impression que tout le monde cherche à suivre les tendances ou à faire ce qui fonctionne sur les réseaux sociaux. Pourtant, je crois que ce qu’il y a de plus précieux, c’est de rester original et fidèle à soi-même.
Cela peut marcher ou non, mais l’essentiel est de faire ce que l’on a vraiment envie de faire. Et surtout, persévérer, persévérer… et jouer de la musique dès que l’occasion se présente.
Entre tradition et modernité, La Delio Valdez continue de faire évoluer la cumbia tout en restant fidèle à l’esprit collectif qui anime le groupe depuis ses débuts. Pour ses membres, la musique est avant tout une aventure humaine, faite de rencontres, de voyages et de partage avec le public. Un état d’esprit qui prend tout son sens sur scène, où chaque concert devient une célébration. Le 25 juillet, au Cabaret Sauvage, le public parisien pourra une nouvelle fois découvrir toute l’énergie de cet orchestre hors norme et se laisser emporter par une fête où la musique ne connaît ni frontières ni générations.
Credit photo : Caropedace