Valjean ! à l’Essaïon Théâtre : Christophe Delessart fait revivre l’âme des Misérables en seul-en-scène

Valjean ! à l’Essaïon Théâtre : Christophe Delessart fait revivre l’âme des Misérables en seul-en-scène

Valjean ! à l’Essaïon Théâtre : Christophe Delessart fait revivre l’âme des Misérables en seul-en-scène

Avec Valjean !, Christophe Delessart revisite Les Misérables dans une version intime, immersive et profondément incarnée. Seul sur scène, le comédien et auteur fait revivre toute la puissance émotionnelle du chef-d’œuvre de Victor Hugo à travers un spectacle porté par la sincérité, la transmission et l’engagement artistique.

Depuis près de quarante ans, Christophe Delessart marche dans les pas de Jean Valjean. Entre mémoire du texte hugolien, préparation physique et émotionnelle, et travail de création avec son équipe, l’artiste nous ouvre pour Casting.fr les coulisses d’un rôle devenu, au fil du temps, bien plus qu’un personnage : un véritable compagnon de route. Rencontre avec un passionné de théâtre pour qui la scène reste avant tout un acte de générosité et de vérité.

Quand vous replongez dans Jean Valjean aujourd’hui, quelle est la première émotion ou image qui vous traverse ?

CD : La première émotion, c'est l'amour. L'amour d'un père pour celle qu'il considère comme sa fille. Cosette. L'amour de la transmission. L'amour aussi qu'il reçoit d'un homme d'église, Mgr Myriel, une forme d'amour qu'il est incapable de comprendre alors et qui va le bouleverser profondément. Radicalement. 

Vous portez ce personnage depuis près de quarante ans. À quel moment Valjean est-il devenu plus qu’un simple rôle pour vous ?

CD : Il y a dix ans exactement. Je reprends le personnage sous la direction de ma metteure en scène, Elsa Saladin. Elle me trouve barbu alors et ressemblant à Hugo. On prend le parti de cultiver cette ressemblance. Je marche alors sur les traces d'Hugo et comprend comment le personnage de Valjean et son auteur sont intimement liés. Dans ma tête je deviens la troisième entité d'une trinité composée de Hugo et Valjean. Mes posts Facebook signés Valjean parlent alors du Maître (Hugo) et du gamin, mon avatar. C'est névrotique vous pensez ? 

Interpréter seul tout l’univers des « Misérables », c’est une performance autant mentale qu’artistique. Comment prépare-t-on un personnage aussi intense avant d’entrer sur scène ? Avez-vous des rituels particuliers ?

CD : J'ai mon rituel. Je marche quelques heures avant pour m'aérer l'esprit. Ensuite je rejoins le théâtre et la métamorphose mentale s'opère. Je revis le bagne, l'humiliation, la douleur mais aussi la force et la lumière. Une heure avant je suis prêt. Je déambule sur les planches, je déclame, je joue. Je m'impatiente. Petite information supplémentaire : les soirs où je joue, j'ai régulièrement des montées d'adrénaline dans la journée quelque peu étouffantes parfois. J'expire profondément. Je souris. Je redoute les journées sans ces montées de pression.

Adapter Victor Hugo en seul-en-scène est un choix audacieux. Comment est née l’idée de raconter cette œuvre monumentale à travers l’intimité d’un seul personnage ?

CD :  A vingt-trois ans, je viens de quitter la troupe de théâtre que j'ai bâtie. Je cherche à créer un seul-en-scène qui puisse être aussi représenté en milieu scolaire. Valjean est mon héros depuis la plus tendre enfance. L'idée me semble d'emblée une évidence. Les Misérables vus par son personnage principal. Les scènes cultes. C'est un défi aussi bien sûr. Cela me motive au plus haut point.  

Dans « Valjean ! », tout semble très immersif : le souffle, les silences, la musique, la lumière… Comment avez-vous construit cette nouvelle version avec votre équipe ?

CD : J'ai effectué un travail en solitaire au tout début. Relire les Misérables, redécouvrir quelques détails. Ensuite j'ai réécrit, imaginé le plateau puis j'ai confronté mes idées avec Elsa, Johanna, Tristan. L'équipe m' a permis de transcendé mes choix initiaux, de les sublimer.

Vous êtes à la fois auteur et interprète. Est-ce plus difficile de jouer ses propres mots ? Et continuez-vous encore à faire évoluer le texte après toutes ces années ?

CD : Le texte, l'essence même du texte est d'abord hugolienne. J'ai adapté les mots du Maître. Ce ne sont donc pas complètement mes mots. Très peu même finalement. En revanche le texte a bien évolué cette dernière année. Notamment une scène que l'on appelle la scène du psy où Valjean se livre tel qu'il pourrait le faire sur un divan.

Vous souvenez-vous de votre premier grand choc artistique ? Le moment où vous vous êtes dit : “C’est ça que je veux faire.”

CD : Ma rencontre au lycée, j'étais en seconde, avec Pierre Santini et la compagnie Théâtre en Liberté. La troupe jouait "Mille francs de récompense" de … Victor Hugo. Nous sommes devenus amis trente ans plus tard avec Pierre !

J'avais écrit à la compagnie pour lui demander comment l'intégrer ! Un grand naïf et un doux rêveur…

Après toutes ces années avec lui, qu’est-ce qui vous touche encore le plus chez Jean Valjean ?

CD :  Sa résilience, sa force. Quarante ans après, il est toujours avec moi. C'est un vrai compagnon de route. Immortel pour sa part.

Qu’est-ce que vous aimeriez que les jeunes artistes ou comédiens ressentent en découvrant ce spectacle aujourd’hui ? Et quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui rêve de monter seul sur scène pour la première fois ?

CD : Le plus important pour moi sur une scène tient en deux qualités : la sincérité et la générosité. L'une et l'autre pouvant parfois être antagonistes. Je leur dirai donc de faire attention. Et de ne rien lâcher. D'aimer ce job. De vivre leur passion.

Avec Valjean !, Christophe Delessart rappelle à quel point l’œuvre de Victor Hugo demeure universelle et profondément actuelle. Porté par une interprétation intense et généreuse, ce seul-en-scène plonge le public dans une traversée humaine bouleversante, entre résilience, lumière et transmission. Une expérience théâtrale immersive à découvrir à l’Essaïon Théâtre, pour redécouvrir Les Misérables sous un regard intime.

 

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